SYNTHESE DU PROCESSUS SYNODAL DANS LE DIOCESE DE NYUNDO POUR UNE EGLISE SYNODALE : COMMUNION, PARTICIPATION ET MISSION

DIOCESE CATHOLIQUE DE NYUNDO

B.P 85 GISENYI-RWANDA

Web Site :www.nyundodiocese.info

SYNTHESE DU PROCESSUS SYNODAL DANS LE DIOCESE DE NYUNDO POUR UNE EGLISE SYNODALE : COMMUNION, PARTICIPATION ET MISSION

Introduction

Comme d’aucun ne l’ignore, sa sainteté le Pape François a procédé au lancement officiel du processus synodal pour l’Eglise universelle, le 10 octobre 2021, à Rome. Dans ce même esprit notre Diocèse de Nyundo a lancé ce processus le 17 du même mois, avec la lecture du message de notre Evêque à l’intention de tous les fidèles de notre Diocèse. Le contenu de ce message était d’abord l’annonce de l’événement, l’explication brève de la notion de synode des Evêques dans la vie de l’Eglise, le thème du synode que nous préparons et l’explication de son objectif, et a enfin l’invitation de tous les fidèles à participer avec intérêt à l’événement, tout en implorant sur eux la lumière de l’Esprit Saint. Après le lancement officiel du synode, dans toutes les paroisses on a commencé à réciter la prière pour le synode.

En vue de bien organiser la conduite des travaux qui devaient s’en suivre, l’Evêque a désigné une personne de contact qui, avec l’aide d’un petit groupe de trois personnes, devait coordonner le processus synodal dans le Diocèse de Nyundo. Le 11 janvier 2022 fut organisée au moyen des nouvelles technologies de communication (Google-zoom) une réunion virtuelle présidée par l’Evêque réunissant plusieurs agents pastoraux du Diocèse pour leur expliquer le Synode des Evêques, le thème du synode actuel et ainsi stimuler les travaux de réflexion dans les paroisses et autres entités œuvrant dans le Diocèse de Nyundo.

La réflexion autour des thèmes proposés dans le Vade-mecum pour le Synode sur la synodalité s’est faite surtout dans les paroisses. Les paroisses du Diocèse de Nyundo sont toutes organisées en petites Communautés Ecclésiales de Base plus ou moins nombreuses et disposent de divers groupements de fidèles dont les Mouvements d’Action Catholique (MAC), les Groupes de Prière (GP), les chorales, les catéchistes, les groupes des intellectuels catholiques, la catégorie des jeunes et la catégorie des enfants, pour ne citer que ceux-là. Certaines paroisses ont réussi à faire impliquer même des groupes ordinairement non intéressés et partant, non actifs dans la vie paroissiale et même des groupes de la périphérie, notamment les réfugiés et les divorcés remariés et autres personnes qui, de temps en temps, se sentent abandonnées ou étrangères à la vie de l’Eglise comme des anciens catholiques qui se sont convertis aux autres confessions religieuses.

Après la réunion du 11 janvier, chaque paroisse s’est empressée à former une commission pour le synode. Depuis fin janvier 2022, les membres des commissions du synode dans les paroisses se sont organisés pour vulgariser le synode des Evêques auprès de tous les fidèles, et ont transmis les thèmes proposés dans le vade-mecum à de petits groupes qui, à leur tour, ont commencé à répondre aux questions. Entretemps le groupe de contact diocésain profitait de toutes les occasions possibles pour accompagner et aider les différents groupes impliqués dans le processus synodal. Vers la fin du mois de mai, toutes les paroisses étaient en train de finaliser la synthèse et de la faire parvenir au groupe de contact diocésain.

De sa part, le groupe de contact diocésain, pour réussir à dépouiller les réponses qui lui sont parvenues des paroisses et autres groupes, s’est élargie à neuf personnes et a procédé à la rédaction de la synthèse diocésaine qui est l’objet des pages suivantes. Le document sera discuté à son tour lors de l’Assemblée pré-synodale qui aura lieu le 29 juin avant d’être transmis au Secrétariat du Synode de la Conférence des Evêques.

Beaucoup de coordinateurs du processus synodal dans les paroisses se sont dit étonnés de l’engouement qu’a suscité le thème du synode qui, à première vue, leur semblait très théorique, disaient-ils. Ils ont reçu des réponses d’une profondeur ecclésiologique des groupes d’où ils ne les attendaient pas, et souvent des personnes les ont approchés en privé pour leur suggérer une observation ou une suggestion sur ce qui peut être fait pour un renouveau pastoral qui puisse permettre à la paroisse ou au Diocèse d’améliorer sa vie synodale. Pourtant certains groupes ont mentionné le problème de la brièveté du temps imparti pour répondre à des questions aussi nombreuses qu’importantes, et certains avouent n’avoir pas réussi à comprendre, comme il fallait, certaines questions.

  1. SYNTHESE DES ECHANGES SUR LES DIX THEMES
  1. Nous sommes compagnons de route

Dans l’Eglise et dans la société, nous sommes côte à côte sur la même route. Dans notre Diocèse de Nyundo, nous marchons ensemble surtout avec ceux et celles qui confessent la même foi (communion de foi dans l’Eglise) que nous, ainsi qu’avec d’autres personnes de bonne volonté. Mais aussi il y a d’autres centres d’intérêt commun comme la proximité sociale selon les rangs sociaux, les liens de parenté, le niveau de formation, etc. Sur ce, nous nous réjouissons du pas franchi dans le cadre de l’unité et réconciliation des rwandais et l’engagement des chrétiens dans cette voie salutaire comme le souligne, par exemple, la devise adoptée en conclusion du Synode extraordinaire du Diocèse de Nyundo (1998-2001) « Le fait d’être chrétien doit nous conduire à une fraternité authentique. C’est notre engagement».

Cependant, nous déplorons que, des fois, nous sommes réticents à nous approcher et communier avec des foyers en difficultés, ceux qui ont abandonné la foi catholique, ceux qui appartiennent aux sectes, les pécheurs publiques, les laissés-pour-compte, etc.

Il est ainsi évident que, pour grandir de plus en plus en compagnons, il nous faut surtout nous laisser guider par la Parole de Dieu, être animés par la volonté ferme de vivre en communion des enfants de Dieu sans exclusion aucune, dans la vérité et la justice qui ne laisse pas de côté le pardon et la miséricorde, en étant conscients que, finalement, nous sommes dans la même barque en tant qu’êtres humains.

  • L’écoute

Tenant compte que Dieu nous parle à travers beaucoup de moyens, il est à noter qu’Il nous parle aussi à travers des voix que nous ignorons parfois, comme celle des pauvres qui frappent à notre porte, des cris des victimes d’injustice qui finissent par parvenir à nos oreilles, des revendications des droits des travailleurs, etc. A force d’insistance, nous finissons par prêter l’oreille à tous ces cris de désolation.

Comme l’Eglise est une réalité dont l’efficacité repose sur la collaboration, la consultation, la concertation et l’écoute, dans notre Diocèse de Nyundo les laïcs sont intégrés et consultés régulièrement. De cette façon et pour la plupart des cas les laïcs sont bien écoutés parce qu’ils ont, pour le moment, une part prépondérante dans la vie quotidienne des paroisses. En effet, comme le dynamisme de chaque paroisse est la résultante de l’implication des laïcs à travers des comités laïques paroissiaux, leur savoir-faire et leur expérience enrichissent la paroisse. Les femmes et les jeunes sont aussi pris en considération dans la vie de la paroisse et la pastorale en tient compte. Ainsi donc, les catégories de femmes, de jeunes et de veuves bénéficient d’une pastorale et d’une catéchèse adaptée et appropriée. Toutes ces personnes sont bien intégrées dans les comités paroissiaux, les Mouvements d’Action Catholique et des groupes de prière, ainsi que les Communautés Ecclésiales de Base.

Dans cette démarche d’écoute, le climat de confiance mutuelle, le fait d’être exempt de tout préjugé, la bonne considération des corrections fraternelles, l’humilité, le respect mutuel des enfants de Dieu, la voix de conscience, la patience, la compassion et le partage de la Parole de Dieu, nous servent grandement.

Normalement l’esprit d’écoute mène absolument à la collaboration et à la valorisation de l’apport d’autrui. De cette façon, le rôle des consacrés revêt une importance clé dans la pastorale. Ils collaborent étroitement avec les autres agents pastoraux, ils se dispensent énergiquement dans les services sociaux comme les formations sanitaires, les écoles, l’encadrement des jeunes et des personnes vulnérables ou marginalisées. Ils interviennent aussi efficacement dans le cadre spirituel, en encadrant les différents groupes à travers les retraites, les récollections, les séminaires qu’ils animent selon leurs charismes. Malheureusement ce rôle des consacrés souffre, des fois, de leur nombre qui reste insuffisant, vue la multiplicité de leur sollicitation dans notre Diocèse de Nyundo.

Nul doute que l’écoute bien faite est l’une des moyens qui mènent à l’inclusion. De la sorte, les minorités, les pauvres, les victimes de la marginalisation ou de l’exclusion dans la société trouvent asile et refuge dans l’Eglise, car elle leur rend la dignité humaine au moyen des instances permanentes comme la Caritas, la Commission Justice et Paix et les initiatives tant personnelles que collectives au niveau des paroisses et des autres entités ecclésiales. Un grand nombre accède à la scolarisation, aux soins de santé, aux biens de première nécessité, grâce à l’Eglise et ses instances caritatives. L’Eglise leur sert de canal d’expression.

Néanmoins, les obstacles à l’écoute ne manquent pas. En guise d’exemple, l’égoïsme, l’orgueil, la recherche effrénée des biens matériels, le manque de respect, l’incapacité d’écoute, suspicion à base d’appartenance politique ou ethnique, la négligence ou sous-estimation du rôle et de l’importance de l’écoute, le manque du temps de la part des prêtres et autres agents pastoraux, la diminution du zèle apostolique, le grand nombre de ceux qui ont besoin d’être écoutés, l’usage irresponsable des moyens de communication comme des téléphones, des réseaux sociaux, etc. sont autant d’entraves qui paralysent la démarche de l’écoute mutuelle.

Notre capacité d’écoute accuse des limites, surtout quand il s’agit des personnes qui ont des opinions différentes des nôtres. Même s’il nous arrive de tenir pour valables certaines de leurs opinions par nous jugées constructives, la plupart du temps leurs opinions ne sont pas bien accueillies surtout quand elles sont contre nos habitudes ou nos zones de confort. Dans ce cas précis, nous les rejetons. Pour ce, un changement radical nous interpelle.

  • Prendre la parole

Etant donné que l’expression de l’opinion reste un droit humain inaliénable, l’ensemble des fidèles jouissent de ce même droit d’autant plus que l’Eglise, elle aussi, garantit de ce droit à ses membres. Ainsi donc, dans notre Diocèse de Nyundo, les fidèles prennent la parole avec courage et de manière responsable de part même la mission prophétique qui revient à tout baptisé. En plus de cela ils prennent la parole quand ils constatent des conduites inadéquates à fustiger, des valeurs et des pratiques louables à encourager, quand ils sont sûrs que leurs opinions seront bien considérées, quand on leur demande leur avis sur un tel point et plus encore, quand il s’agit d’annoncer la parole de Dieu.

Il faut signaler qu’il y a des fois où les gens ont crainte de s’exprimer librement, surtout quand règne un climat de discrimination, quand il y a manque de motivation ou d’engagement dans l’Eglise, manque de confiance en soi, quand ils sont confrontés à quelqu’un d’autoritaire, de traditionaliste, peu ou pas réceptif, ou, pire encore, quand on pense qu’ils pourraient être victimes de leurs opinions.

Pour ce qui concerne nos relations avec les médias locaux, on pourrait dire qu’elles se situent à deux niveaux :

  • Le premier, est celui de nos relations avec les medias de l’Eglise et ceux du gouvernement, on est en bons termes.
  • Le second est celui de nos relations avec les médias indépendants. Même si la situation varie d’un média à l’autre, deux grands ensembles se font distinguer : celui des médias objectifs, qui sont avides d’informer le public et celui de tous les autres qui propagent des contrevérités, dénaturent ou manipulent l’information pour ne chercher que du sensationnel. Avec les premiers nous collaborons, et nous évitons à tout prix les derniers.

Dans l’exercice de la liberté des enfants de Dieu, chaque communauté chrétienne a ses propres responsables, qui entre autres tâches, doivent servir de relai et de liaison entre les fidèles et la hiérarchie. Il revient alors à ces responsables de parler pour et à la place des fidèles. Cela n’empêche que même les membres du sacerdoce ministériel puissent parler au nom de la communauté chrétienne. Ces porte-paroles sont soit choisis par les membres de la communauté, soit désignés par l’autorité compétente de l’Eglise, à base de leur bonne volonté et de leur compétence.

4. Célébration

“Marcher ensemble” n’est possible que si cela se fonde sur l’écoute commune de la Parole et sur la célébration de l’Eucharistie. La célébration de l’Eucharistie joue un rôle essentiel dans la relation des chrétiens du Diocèse de Nyundo avec Dieu, avec leurs semblables, avec l’environnement et avec eux-mêmes.  Elle les fortifie et les entraîne à avoir part dans diverses œuvres caritatives et miséricordieuses, à bien exercer leurs responsabilités dans la communauté ecclésiale ; à promouvoir l’unité et la réconciliation, le respect mutuel et le dialogue franc. L’Eucharistie est pour eux la source de la patience, de la persévérance dans diverses difficultés de la vie, de la paix intérieure et de la prudence. Elle leur procure le discernement, la simplicité et l’humilité lors de la prise des décisions.

Le Diocèse de Nyundo, organise en faveur des fidèles des messes quotidiennes dans les paroisses, des messes hebdomadaires dans les centrales, les écoles, les communautés religieuses, les formations sanitaires, les unités de production, ou des messes occasionnelles dans les communautés ecclésiales de base et autres entités du Diocèse. Il dispose également d’un Sanctuaire Marial dédié à la Vierge des Pauvres qui se trouve dans la Paroisse Crête Congo-Nil. Ce dernier accueille régulièrement des pèlerinages pour les différentes catégories des fidèles, dont celui du 15 août chaque année, à l’occasion duquel l’Evêque lance officiellement les activités de l’année pastorale et rend public le thème mobilisateur qui va orienter toutes les activités pastorales de toute l’année pastorale.

Toutefois, il y a quelques lacunes à signaler notamment l’insuffisance de formation et outils/rituels en matière liturgique, l’insuffisance de préparation et organisation de la célébration de l’Eucharistie par certains agents pastoraux, l’indifférence et la non-participation active de certains fidèles, les contres–témoignages de quelques ministres, laïcs et pasteurs etc. 

En vue de renforcer la capacité des lecteurs, acolytes et autres agents pastoraux, le Diocèse de Nyundo est en train de préparer un guide méthodologique sur les pratiques liturgiques qui servira de base pour les formations futures.

5. Partager la responsabilité de notre mission commune

Lors du baptême le chrétien s’engage à suivre Jésus Christ et proclamer son Evangile. L’Eglise, en tant que communauté des baptisés met à disposition des fidèles des voies et moyens pour vivre cette vocation fondamentale, de telle façon que le fidèle qui s’y engage accomplit à la fois un engagement ecclésial personnel et communautaire.

Les membres de la communauté ecclésiale du Diocèse de Nyundo disposent des divers moyens qui leur permettent de vivre leur vocation missionnaire. Ces dernières années des événements et pratiques illustrent une bonne compréhension de la mission de tout baptisé. Pour ne citer que quelques exemples, le Diocèse de Nyundo rend grâce à Dieu pour les vocations sacerdotales et religieuses qui ont comblé le vide laissé par le Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 ; les comités paroissiaux composés par les laïcs ont été en mesure de diriger les paroisses et continuent à collaborer d’une façon responsable avec les prêtres, ce qui a démontré que certaines tâches de gouvernement et d’enseignement peuvent être accomplies efficacement par les fidèles laïcs ; il se fait remarquer que les fidèles comprennent de mieux en mieux que ce sont eux qui doivent subvenir aux besoins matériels de leur Eglise et ainsi ils s’organisent et sensibilisent pour l’accomplissement des projets paroissiaux ; l’élan actuel de solidarité entre les paroisses est aussi un bon cadre qui permet aux communautés paroissiales de vivre leur vocation missionnaire.

Dans la pastorale de notre Diocèse les communautés ecclésiales de base et les groupements des fidèles laïcs, comme des Mouvements d’Action Catholique (MAC) et Groupes de Prière (GP) jouent un rôle remarquable et aident les fidèles à vivre leur mission : les Communautés Ecclésiales de Base (CEB) sont un terrain propice de l’épanouissement de l’esprit missionnaire des fidèles par les différentes responsabilités missionnaires au sein de la communauté, les clubs d’enfants au sein des CEB éduquent la conscience des petits aux valeurs chrétiennes. La plupart des MAC et les GP ont une orientation missionnaire, et ceux qui n’en n’ont pas expressément y sont invités par le biais des fora paroissiaux des Mouvements d’Action Catholiques et Groupes de Prière.

Cette manifestation de l’esprit missionnaire de l’Eglise et de tout baptisé n’est pas seulement intra-ecclésiale, mais déborde pour rendre témoignage au Christ dans la société en général. Il y a d’abord l’engagement dans la société rwandaise où l’Eglise est reconnue pour sa contribution dans plusieurs domaines, surtout l’éducation et la santé, mais aussi dans les œuvres socio-caritatives de tous genres pour le développement intégral de la personne humaine. Dans ce cadre certains organes de notre Diocèse comme la Caritas, la Commission Diocésaine Justice et Paix, la commission de la famille et autres ont donné et continuent à donner une grande contribution à notre société. Les fidèles sont par ailleurs encouragés à participer activement à la vie sociale du pays. Les groupes des intellectuels dans toutes les paroisses ne visent pas seulement l’édification des paroisses ou la croissance spirituelle personnelle, mais aussi aident-ils à enrichir, par la lumière de l’Evangile, l’engagement de leurs membres au sein de la société.

Le discernement des choix missionnaires est fait dans un esprit synodal à travers divers organes du Diocèse, en faisant participer autant que possible l’ensemble des fidèles laïcs. Ces derniers font partie des différentes commissions et conseils diocésains. Dans la mémoire collective du peuple de Dieu du Diocèse de Nyundo est fortement ancré le souvenir du synode diocésain de 1998-2001 qui a été motivé par les événements tristes de la guerre et du Génocide contre les Tutsi qu’a vécu le pays. Les résolutions prises lors de ce synode restent une source d’inspiration de la vie missionnaire tant individuelle que collective. Bon nombre de choix missionnaires continuent à s’inspirer de cet événement qui a impliqué la quasi-totalité des fidèles. Le Diocèse de Nyundo dispose d’un Manuel de Procédures Pastorales, Administratives, Financières et Comptables (MAPPAFC) qui est une illustration de cet esprit synodal.

Cependant, il reste beaucoup à faire dans le sens de l’évolution des mentalités : certains clercs ont besoin de la conversion pour faire participer complètement les laïcs à la vie et à la mission de l’Eglise, mais surtout les laïcs ont davantage besoin de comprendre ce devoir et ce droit. Les cadres ci-haut expliqués vont continuer à faire évoluer les mentalités.

6. Le dialogue dans l’Eglise et la société 

Dans le Diocèse de Nyundo, le dialogue formel et informel dans l’Eglise et dans la société se fait à travers les réunions, les formations, les colloques, les visites, les expositions, les fêtes et autres occasions qui réunissent les membres de l’Eglise et la société en général. L’Eglise et la société se rencontrent bien plus dans les secteurs d’activités comme les écoles, les centres de santé et les hôpitaux, la commission « justice et paix » (surtout dans le domaine de l’unité et réconciliation), les œuvres socio-caritatives (contribution pour les assurances-maladies dites « Mutuelle de santé », la construction des maisons pour les vulnérables et l’assistance aux sinistrés, etc.), les travaux communautaires, les pèlerinages, les prières publiques et les fora de différentes sortes.

S’agissant du dialogue à l’intérieur de l’Eglise locale, il se réalise au niveau de la famille (Eglise domestique) dans les communautés ecclésiales de base, les différentes commissions œuvrant dans notre Diocèse et paroisses, les réunions des prêtres vivant dans la même paroisse ou doyenné, le presbyterium ou bien encore dans le synode et son processus où les chrétiens (laïcs et pasteurs) s’assoient ensemble et échangent sur divers aspects concernant leur vie chrétienne et leur progrès en général.

Au fond, toutes les rencontres ci-haut soulignées se servent des réseaux sociaux, des émissions visuelles et/ou audio-visuelles, des téléphones, des lettres officielles, de l’échange interpersonnel, comme canaux de communication.

Par ailleurs, la collaboration interdiocésaine se fait à travers les activités consolidées au niveau de la Conférence Episcopale du Rwanda, les interventions entre Diocèses voisins, l’exécution des projets communs, les voyages d’études, les congrégations religieuses interdiocésaines, les formations communes des prêtres, les récollections, les retraites et autres sessions organisées conjointement.

Toutefois les éléments de divergences de vue entre l’Eglise et la société existent : les problèmes en rapport avec le domaine de la bioéthique comme l’avortement volontaire, la planification familiale artificielle, et toute autre forme de dépréciation des valeurs chrétiennes. Malgré ces divergences, il y a moyen d’engager et réussir un dialogue par le fait d’accepter le dialogue, la prière, la parole de Dieu, la promotion de la fraternité authentique, la demande et le fait d’accorder le pardon, l’écoute active, la mise en œuvre des conclusions des rencontres, la planification et exécution des projets conjoints, le respect mutuel, la simplicité, la sympathie, l’apostolat de l’incarnation sans dénaturation de l’orthodoxie de l’Eglise et toute autre valeur positive.

7. Œcuménisme 

Le dialogue entre les chrétiens de différentes confessions dans le Diocèse de Nyundo se réalise à travers différents espaces favorables existant au Rwanda comme la Société Biblique, le RIC (Rwanda Interfaith Council), la semaine de l’unité des chrétiens, les commissions socio-économiques des JADFs (Joint Action Development Forum), les prières publiques, etc. Ce dialogue est motivé par le fait que les confessions ont en général la même mission d’annoncer la parole de Dieu et partagent la destination commune d’être un peuple en marche vers le Royaume. Les fruits de ce dialogue se remarquent surtout dans la collaboration dans diverses sphères à savoir les œuvres de charité et de miséricorde (Caritas), les mariages entre membres de différentes confessions, diverses fêtes, etc. Cependant, ce dialogue fait face à des contraintes variantes dont le manque de confiance, l’indifférence, la concurrence, l’ignorance, les conflits d’intérêts, le prosélytisme, l’ingérence, les suspicions et autres comportements défavorables qui s’observent chez certains chrétiens et responsables des confessions.

Pour renforcer le dialogue entre chrétiens de différentes confessions dans notre Diocèse, tant d’éléments requièrent l’attention entre autres la culture de la tolérance, le partage d’expériences et l’humilité qui permet d’apprendre de l’autre, le dialogue franc, le respect mutuel, les rencontres régulières, l’organisation du culte conjoint, la simplicité et autres attitudes et comportements favorables à l’unité pour être vraiment témoins du Christ dans la société. Pour tout cela on a besoin de plus de créativité pour trouver des occasions de rencontre.

8. Autorité et participation

Une Eglise synodale est une Eglise participative et coresponsable. Concrètement, dans notre Diocèse de Nyundo, ceux qui exercent l’autorité le font avec humilité et dévouement. L’Évêque est toujours le modèle.

Il promeut une pastorale de proximité, en visitant régulièrement les paroisses, les écoles, les communautés religieuses et autres entités œuvrant au sein du Diocèse. Il accueille paternellement ceux qui veulent le rencontrer et encourage les prêtres à faire de même. Dans ses responsabilités il est épaulé par des conseils consultatifs, des commissions et des services, voire des aumôneries.

Dans toutes les paroisses de Nyundo, la pastorale de proximité constitue une option préférentielle. Les prêtres visitent les centrales, les succursales, les communautés ecclésiales de base (surtout lors des fêtes patronales) ainsi que les écoles. Ils se dévouent avec une grande charité pastorale et se comportent non comme des chefs mais comme des frères et des serviteurs. Ils agissent en bons pasteurs qui ne soucient pas de leur bien-être mais des fidèles confiés à leurs soins. Ils sentent l’odeur de leurs brebis. Les religieux et les religieuses, sont activement impliqués dans la vie du Diocèse.

Au sein de la Communauté ecclésiale de base les fidèles se réunissent hebdomadairement pour discuter de la vie de la communauté. Illuminés par la Parole de Dieu, ils essaient de résoudre les conflits qui naissent entre eux et trouver ensemble des solutions aux différents défis auxquels ils font face. Les fidèles laïcs qui exercent des responsabilités dans la communauté et qui ont été élus ou nommés pour collaborer avec les prêtres à différents niveaux, comprennent que ce n’est pas pour leur propre gloire qu’ils travaillent mais pour la Gloire de Dieu. Ils s’efforcent d’être les modèles de ceux qu’ils dirigent. En paroles et en actes, ils encouragent leurs frères et sœurs à modeler leur vie sur le Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Ici on ne peut pas dire que tout est parfait. On rencontre quelques cas de ceux qui exercent l’autorité non comme un service mais comme une domination sur les autres. Nous regrettons aussi qu’il y ait des responsables qui ne comprennent pas leurs attributions et qui tâtonnent dans l’exécution de leurs tâches au sein de la communauté chrétienne.

L’effort que le Diocèse de Nyundo continue de fournir est celui de former continuellement tous ceux qui exercent l’autorité d’une manière ou d’une autre. Cette formation vise à aider ses bénéficiaires à prendre de plus en plus conscience que dans l’Eglise, l’autorité est pour le service et les exhorter continuellement à se comporter comme les serviteurs de leurs frères et sœurs dans le Christ.

Pour ce qui est de la responsabilité des laïcs, nous nous réjouissons que ces derniers comprennent de plus en plus leur place et leur rôle dans l’Eglise. Les ministères laïcs sont promus par représentativité suite aux élections et, parfois, à un certain niveau, par désignation. Au niveau diocésain, les laïcs sont dans différents conseils et commissions. Dans tous les services diocésains (la coordination pastorale, la Caritas, l’économat, l’éducation, la catéchèse etc) les laïcs collaborent étroitement avec les prêtres responsables de ces services. Au niveau paroissial, le rôle des laïcs se fait de plus en plus remarquer. Dans toutes les paroisses, il y a les comités de laïcs qui assistent les prêtres dans le gouvernement de la Paroisse. Nous avons un grand nombre de catéchistes qui préparent les enfants, les jeunes et les adultes à recevoir les sacrements. Les laïcs sont aussi engagés dans les comités des centrales et des Communautés ecclésiales de base. Beaucoup participent activement dans les Mouvements d’Action Catholique, les Groupes de Prière et autres associations des fidèles.

Il est encourageant de constater que les laïcs participent aussi financièrement à la vie des Paroisses. Ils contribuent grandement à l’honnête subsistance des prêtres. Grâce à leur contribution, le Diocèse a pu instituer un fonds de solidarité des Paroisses et des services grâce auquel le Diocèse parvient à soutenir les paroisses et services dans le besoin. Dans les paroisses les laïcs contribuent beaucoup à la construction des églises, des chapelles, des presbytères et autres infrastructures de base. Ils se mobilisent, à travers la Caritas (à tous les niveaux) pour secourir ceux qui, parmi eux, se trouvent dans le besoin. Ils participent à la planification pastorale et financière des paroisses et jouent un rôle incontournable dans l’exécution de ce qui a été prévu.

Bien que la participation des laïcs dans la vie de l’Eglise soit satisfaisante, nous ressentons quelques faiblesses quant à la formation doctrinale du laïcat. Comme solution à ce défis, nous avons prévu dans notre Plan stratégique de 10 ans (2021-2031), d’organiser, à tous les niveaux et de façon permanente la formation des laïcs pour qu’ils prennent de plus en plus conscience de leur place et de leur mission dans l’Eglise. Nous remarquons aussi une faiblesse en ce qui concerne l’accompagnement post sacramentaire. Aussi avons-nous opté, dans notre plan stratégique, de renforcer la catéchèse post sacramentaire pour aider tous les fidèles à être plus participatifs à la vie du Diocèse.

9. Discerner et décider

Dans le Diocèse de Nyundo, à tous les niveaux, ceux qui ont la charge de diriger, décident en se laissant guider par la Parole de Dieu et en procédant par des discussions, des enquêtes, des sondages et des consultations. Au besoin, le recours aux experts dans certains domaines clés s’avère nécessaire. Les étapes qui précèdent la prise de décision se caractérisent par la sincérité, la franchise, la transparence et l’honnêteté.

Il a été malheureusement constaté, que quelque fois, à certains niveaux, les décisions sont prises d’en haut sans la consultation de tous les concernés. Dans ce cas, les responsables seuls jugent ce qu’ils pensent être utile et procèdent à la décision. Les décisions prises selon ces manières sont difficilement accueillies par ceux pour qui elles sont prises. Ainsi, l’exécution atteint un niveau peu satisfaisant. Cette façon d’agir, de la part des responsables, crée aussi un certain malaise et une méfiance de la part des autres membres de la communauté qui se sentent mis à l’écart et sont frustrés par le fait que leurs idées ne sont pas valorisées.

Dans d’autres cas, ceux qui sont invités aux réunions de prise de décisions font passer leurs propres idées au lieu de celles de frères et sœurs qu’ils représentent. Ce qui décourage la plupart des membres de la communauté. Pour parer à cette faiblesse, le Diocèse de Nyundo organise continuellement des sessions de formation pour des responsables œuvrant à tous les échelons. Cette formation vise le renforcement des capacités en matière de leadership et permet aux responsables, à tous les niveaux, de comprendre la dynamique synodale de l’Eglise.

Pour progresser dans le discernement spirituel communautaire, nous jugeons qu’il est important que les fidèles laïcs soient éduqués à prendre des initiatives visant leur croissance spirituelle. De leur part, les pasteurs doivent les accompagner dans ce discernement et prendre en considération leurs propositions.

10. Se former dans la synodalité

La synodalité implique la réceptivité au changement, la formation et l’apprentissage continu. Le Diocèse de Nyundo a déjà franchi un pas considérable en ce qui concerne la formation à la synodalité.

En effet, les structures (les comités, les commissions, les conseils etc.) sont déjà en place et fonctionnent à tous les niveaux. Il y a beaucoup de mouvements d’Action Catholique et groupes qui attirent et forment les fidèles à la foi et à la participation à la vie du Diocèse.

Les catégories des fidèles (enfants, jeunes, veufs/veuves, familles, personnes âgées) sont suivies de près pour que tous participent à la vie paroissiale. Les laïcs déjà coopèrent au gouvernement de l’Eglise à tous les niveaux et sont actifs dans le développement diocésain. Tout particulièrement, pour préparer les jubilés de 2000 ans du christianisme et de 100 ans de l’évangélisation au Rwanda, le Diocèse du Nyundo (comme les autres Diocèses au Rwanda) a organisé un synode extraordinaire (1998-2001) car tout le pays était dans une situation de désolation après le Génocide contre les Tutsi. Ce synode visait l’unité, la réconciliation ainsi que la fraternité au sein du Peuple rwandais. Toutes ces valeurs avaient été bafouées. Ce synode a déclenché un processus de rencontre, d’écoute, d’échange, de prise de décisions menant à la demande et à l’accord du pardon. Le thème qui a guidé ce processus synodal est le suivant : « Le fait d’être chrétiens doit nous conduire à une fraternité authentique ».

En 2011 nous avons célébré l’anniversaire de 10 ans de la clôture du synode et l’année passée avait été consacrée à la célébration du 20e anniversaire dudit synode. En toutes ces occasions, nous nous sommes rappelé les valeurs d’unité, de réconciliation et de la fraternité. Nous sommes tous créés par Dieu et à son image. Le fait d’être chrétien doit nous conduire à une fraternité authentique cristallisée par le partage du Corps et du Sang du Christ.

La formation dans tous les groupes et sur tous les échelons du Diocèse ne vise que l’esprit synodal ; « aimez-vous, écoutez-vous, aidez-vous les uns les autres ». Les fidèles sont invités à participent à la prise de décision. Les représentants des fidèles se rencontrent régulièrement selon les niveaux, pour s’écouter, fixer des objectifs et prendre des décisions. En plus de cela, le Diocèse de Nyundo publie périodiquement la revue  Umusemburo w’ubusabane  qui fournit des informations et donne une formation variée. Le Diocèse pratique une pastorale de proximité pour favoriser l’écoute et la participation de chacun. Il s’efforce d’inculquer à la communauté les valeurs de respect mutuel, l’humilité, l’entre-aide et de convivialité. Cette formation progresse sensiblement et des résultats s’observent à tous les niveaux. Mais il reste encore à faire, à s’occuper entre autres de la sensibilisation des intellectuels à participer activement à la vie de l’Eglise et à approcher de plus en plus, avec discernement, les groupes qui sont marginalisés comme les divorcés remariés, les mères célibataires, ceux qui ont commis des scandales publics notoires/ les pécheurs publics, les personnes vivant avec handicaps (mentaux et physiques), et autres.

II. PERSPECTIVES POUR LA CONVERSION PASTORALE

  1. Que faut-il faire pour améliorer notre communion avec Dieu et avec le prochain (La communion dans la dimension verticale et la dimension horizontale) ?

Pour améliorer notre communion avec Dieu et avec le prochain, ces points suivants méritent une attention particulière et une mise en application d’urgence :

  • Expliquer profondément l’être chrétien ;
  • Insistance sur la connaissance et la pratique des commandements de Dieu et de l’Eglise ;
  • Renforcer l’éducation à la prière (personnelle, familiale et communautaire) ;
  • Encourager et faciliter les fidèles à posséder la Bible et les initier à la Lectio Divina ;
  • Renforcer l’instruction sur la doctrine de l’Eglise ;
  • Promouvoir les œuvres de charité, de miséricorde, de justice, de développement intégral et de protection de l’environnement dans différentes communautés ;
  • Revenir très souvent sur la devise du synode diocésain 1998-2001 : « Le fait d’être chrétien doit nous conduire à une fraternité authentique. C’est notre engagement » ;
  • Pour un dialogue fructueux, il faut apprendre à écouter et apprécier l’autre ;
  • Combattre toute sorte d’égoïsme ;
  • Soigner la préparation et la célébration des sacrements ;
  • Soigner l’éducation intégrale des jeunes en insistant sur le rôle des parents ;
  • Le respect mutuel qui transcende les différences humaines ;
  • Promouvoir la solidarité pastorale ;
  • Revenir souvent sur les valeurs humaines et culturelles ;
  • Souligner souvent l’importance capitale du bon témoignage de vie ;
  • L’amour et le zèle de l’Eglise ;
  • Se soucier des groupes ou catégories qui risquent d’être marginalisé par nos communautés chrétiennes : toutes les catégories des personnes excommuniées, personnes handicapées, les minorités.
  • Que faut-il faire pour améliorer notre pastorale en ce qui concerne la fonction de l’Eglise d’enseigner

Pour améliorer notre pastorale en ce qui concerne la fonction de l’Eglise d’enseigner, il faut mettre en application les propositions qui suivent :

  • Formation de différentes catégories en matière doctrinale, biblique, morale chrétienne, liturgique, sans oublier la tradition et l’histoire de l’Eglise ;
  • Approcher les moins pratiquants et les familles en difficultés ;
  • Augmenter le nombre des catéchistes volontaires ;
  • Renforcement des écoles bibliques et créer des clubs bibliques, surtout dans les écoles ;
  • Sensibilisation à la possession et lecture de la Bible et autres publications ecclésiastiques ;
  • Organisation des concours sur base de la connaissance de la Bible ;
  • Insister sur la nécessité du témoignage de vie des agents pastoraux ;
  • L’aggiornamento des méthodes et manuels d’enseignement de la Parole de Dieu et de catéchèse ;
  • Favoriser le catéchuménat participatif ;
  • Expliciter le sacerdoce commun des fidèles, surtout l’aspect de l’office prophétique ;
  • Formation continue des fidèles ;
  • Renforcer la catéchèse post-sacramentaire ;
  • Encourager la collaboration et la complémentarité entre prêtres, religieux et religieuses et laïcs dans la fonction d’enseigner ;

3. Que faut-il faire pour améliorer notre pastorale en ce qui concerne la fonction de l’Eglise de sanctifier(en cherchant à faire en sorte que tout soit organisé dans la communion, la mission et la participation pour une Eglise synodale).

S’agissant de l’amélioration de la pastorale en ce qui concerne la fonction de l’Eglise de sanctifier, quelques observations se font voir :

  • Formation approfondie des fidèles en matière de la préparation, la célébration et la réception des sacrements de façon à faire émerger la préséance d’un sacrement sur l’aspect festif au niveau de la famille ;
  • Bien soigner le processus de préparation aux sacrements, que ce soit au niveau du contenu, de la période de préparation et des comportements dignes d’un chrétien ;
  • Renforcer la prière au niveau de la famille ;
  • Insister sur la prière et autres moyens de sanctification qui sont à la disposition de tout chrétien ;
  • Formation des catéchistes pour les catéchistes qui ne sont pas encore formés et (et formation continue pour le reste des catéchistes en vue de l’amélioration de leur façon de dispenser la catéchèse des sacrements ;
  • Synergie entre prêtres, religieux et catéchistes laïcs pour une effective implication dans la catéchèse des sacrements ;
  • Réveil au sacrement de réconciliation ;
  • Faciliter les personnes âgées ou malades qui veulent se préparer et recevoir des sacrements en leur destinant une catéchèse à domicile et circonstanciée ;
  • S’approcher des personnes qui ne sont plus en pleine communion avec l’Eglise en vue de leur réintégration ;
  • Réveiller la prise de conscience de toute la communauté chrétienne quant à la recherche de nouveaux catéchumènes et de leur accompagnement ;
  • L’organisation des pèlerinages et autres exercices spirituels pour toutes les catégories des fidèles.

4. Que faut-il faire pour améliorer notre Pastorale en ce qui concerne la fonction de l’Eglise de gouverner (en cherchant à faire en sorte que tout soit organisé dans la communion, la mission et la participation pour une Eglise synodale). Quelles structures renforcer et/ou créer pour favoriser la synodalité dans notre Eglise ?

Pour une conversion pastorale en ce qui concerne la fonction de l’Eglise de gouverner, il faut :

– Au niveau du Droit canonique, bien clarifier la façon dont les fidèles laïcs coopèrent au pouvoir de gouvernement.

– Faire comprendre à tous les fidèles (clercs et laïcs) que la fonction de gouverner n’est pas l’apanage des seuls clercs mais que les fidèles laïcs eux-mêmes y prennent part.

– Expliquer la relation entre le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun de tous les baptisés.

– Renforcer la capacité des comités des laïcs au niveau de la Paroisse, de la centrale et de la Communauté Ecclésiale de base.

– A tous les comités (à tous les niveaux), bien expliquer les attributions (formation solide et permanente). Faire en sorte que soit respectée l’échéance des mandats.

– Continuer à inviter les intellectuels à accepter de prendre des responsabilités au sein de l’Eglise.

– Rappeler toujours que le pouvoir dans l’Eglise est exercé comme un service.

CONCLUSION

La phase diocésaine du processus synodal, dans notre Diocèse de Nyundo a été un vrai Kairos. Depuis le lancement du synode des Évêques, nous avons vécu un temps très fort qui nous a fait comprendre encore une fois le sens de la synodalité dans l’Eglise et nous a donné la soif de toujours marcher ensemble comme Peuple de Dieu. Cette phase nous a fait revivre ce que nous avons vécu pendant le synode diocésain extraordinaire (1998-2001).

Lors de ce synode diocésain nous sommes revenus sur l’ISANO (notre relation avec Dieu, notre relation entre nous). Nous en sommes sortis convaincus plus que jamais que l’ISANO est une valeur qui doit guider notre vie et nos projets pastoraux. Nous sommes tous enfants d’un même Père, qui, par amour, nous a créés à son image et nous a libérés grâce au Sang de son Fils Jésus Christ qui s’est livré à la mort pour sauver le monde. Cette relation avec Dieu (dimension verticale de l’ISANO) créé une autre relation entre nous (dimension horizontale de l’ISANO). Ayant un Père commun à nous tous et un Unique Sauveur Jésus Christ, nous sommes, entre nous, des frères et des sœurs, les uns pour les autres. En Jésus Christ, il n’y a ni Juif, ni Grec, il n’y a plus ni homme libre ni esclave, car nous sommes un en Jésus Christ (cf Ga 3,28). Nous constituons une seule famille des enfants de Dieu. Nous devons marcher main dans la main vers le Seigneur. Le synode diocésain extraordinaire a été un évènement historique de grande envergure qui ne concerne pas seulement le passé, mais qui engage aussi notre avenir (futur).

La phase diocésaine du processus conduisant au futur synode des évêques de 2023 nous a donné l’occasion de renforcer les valeurs que nous avons apprises durant le synode diocésain extraordinaire. Dans toutes les Paroisses, les prêtres, s’inspirant du vade-mecum préparé par le secrétariat permanent du synode et le document préparé par l’équipe mise sur pied par l’évêque diocésain, ont accompagné les fidèles sur le chemin de la synodalité. Ils leur ont expliqué que l’Eglise, dans sa nature même, est une réalité synodale. Elle est le Peuple de Dieu en marche, un Peuple dont les membres marchent ensemble vers la même destiné qu’est la Plénitude du Royaume de Dieu. Durant cette phase diocésaine, les prêtres, au niveau des doyennés et de tout le presbyterium, les religieux dans leurs communautés, les laïcs dans les communautés ecclésiales de base, dans les Mouvements d’Action Catholique, dans les groupes de prière et autres associations des fidèles, tous, ont eu le temps d’échanger sur le thème du synode des évêques et de répondre au questionnaire préparé par le secrétariat permanent du Synode des évêques. Les fruits que nous sommes en train de cueillir sont très satisfaisants. Les fidèles ont compris beaucoup plus profondément que la synodalité est une dynamique qui doit engager tout un chacun dans l’Eglise. Nous devons toujours donner priorité à tout ce qui nous fait marcher ensemble, parce que c’est en marchant ensemble, dans une entente fraternelle, que nous sommes sûrs de marcher avec et vers Dieu. C’est en marchant ensemble, nous aimant les uns les autres, nous écoutant mutuellement, nous soutenant les uns les autres, nous appréciant comme des amis…que nous montrons au monde que nous appartenons réellement au Christ, lui qui nous dit : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13,35). Puisse le Saint Esprit nous guider et nous illuminer, pour que nous puissions nous enraciner plus profondément dans la synodalité. Nous confions à la Vierge Marie, Mère des pauvres, toutes les résolutions prises pendant cette phase diocéssaine.

L’équipe qui a fait la synthèse diocésaine :

1. A. Antoine de Padoue NSINGIJIMANA

2. A. Jean Colbert NZEYIMANA

3. A. Gaspard BIJYIYOBYENDA

4. A. Placide NDAYISHIMIYE

5. Sr Léocadie NZAMUKOSHA

6. Fr Damien HABIMANA

7. Mme Esperance DUSENGEYEZU

8. M. Aloys SEMAKUZA

9. M. Didace MUSEBYUKUNDI

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